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Ne pas reproduire…

education

Comme je te le disais dans un précédent article, j’ai eu une éducation stricte. Doux euphémisme pour signifier qu’en réalité, mon champ des possibles était plus que restreint… Je pense être devenue une personne bien élevée avec des valeurs… Mais à quel prix ? L’autre question que je me pose est la suivante : comment ne pas reproduire les principes éducatifs auxquels j’ai eu droit ?

Vois tu, lorsque j’étais enfant, et plus tard ado, je n’avais quasi pas le droit de sortir… A 18 ans, j’avais encore un couvre feu à 22h c’est dire… Pas le droit d’aller aux boums, soirées et autre joyeuseté. Les vacances avec les copines (et les parents), non négociables ! Rester à la maison était le mot d’ordre…

Quant à la scolarité, il me fallait être irréprochable ! Si j’avais l’audace de ramener une note en deçà de la moyenne, j’étais punie. Punie de quoi tu vas me répondre (bah oui, quand t’as déjà pas beaucoup de loisirs, ça limite) ? Punie de télé pendant des jours et des jours… Dur dur lorsque c’est ta seule distraction…

Alors attention, je ne blâme pas mes parents. Ils ont fait avec les cartes qu’ils avaient en mains… Mais, pour avoir vécu ça, je sais que je ne souhaite pas reproduire ce schéma avec mon fils. Alors c’est joli sur le papier mais, lorsque je discute avec l’Homme, je constate quand même que j’ai été conditionnée (d’ailleurs la limite entre l’éducation et le conditionnement, on en parle ?…).

Lorsque lui me parle de sa jeunesse, j’en reste pantoise… Lui est nostalgique. Il voudrait offrir à son fils la même enfance que la sienne… Sauf que, à mes yeux, ses parents étaient bien trop laxistes (oui, je juge, tu juges, nous jugeons, vous jugez…). Ce qui est complètement con quand j’y pense. Puisqu’à l’heure actuelle, c’est un homme qui a reçu une éducation avec des valeurs fortes que nous partageons…

Alors, on en arrive où avec tout ça ?… Lui comme moi avons reçu des éducations totalement différentes. Cela ne sera évidemment pas sans répercussion sur celle de notre fils… Il va falloir trouver des compromis, mettre de l’eau dans son vin, accepter de renoncer…

Tout ce que je sais c’est que je souhaite offrir une autre jeunesse que la mienne à mon tout p’tit… Mais je ne suis pas prête à lui offrir celle qu’a vécue l’Homme… On est bien rendu là non ?

Et toi, l’éducation que tu as reçu, tu adhères ? Ou tu pondères ? (Apollinaire sors de ce corps !)

Ce soir nous célébrons…

diner amoureux

La première fois que je l’ai rencontré, je l’ai trouvé particulièrement con… Il racontait une blague sur une histoire d’huile ou de gras. J’ai rien pipé ! Lui m’a trouvé hautaine (c’est souvent la première impression que je fais). « Encore une qui pète plus haut que son trou de balle » s’est-il dit… En même temps, vu le regard que je lui ai lancé suite à son histoire de gras, ça ne m’étonne pas qu’il ait pensé ça…

Et pas de bol pour nous, nos groupes d’amis ont fusionné. Par la force des choses, nous avons été obligés de nous côtoyer. « V’là l’autre couillon » je pensais alors que lui se disait « tiens, l’autre pet de sec ! ».

Puis, parce que nous ne sommes pas complètement obtus (ouais, j’ai bossé à l’Académie Française), nous avons commencé à échanger. Un peu, beaucoup, pour ne finir qu’à discuter ensemble au milieu de nos amis.

Et il a fini par faire fondre mon cœur… en me gavant comme une oie. Je m’explique. Nous avions pour habitude les vendredis et samedis soir d’enchaîner pub et resto avec nos potes (petite larme à l’œil de nostalgie). Nous nous rendions particulièrement dans un bar à vin qui proposait des assiettes de foie gras à vous taper le cul par terre. Et là où il a été très intelligent, c’est qu’alors que je prenais que de la salade (genre « ouais non, je fais gaffe en ce moment »), il me filait tout son foie gras. Et son dessert aussi. En réalité, je boulotais toute son assiette. Lui qui ne SUPPORTE PAS qu’on touche à sa bouffe (un peu comme Joey dans Friends). Quand j’y pense, le mec a tout misé sur le gras en fait et ce depuis le début avec sa vanne pourave !

Un soir, je ne voulais pas rentrer chez mes parents (j’étais encore étudiante à l’époque). Et il a eu l’idée de génie. Il m’a emmené loin de tout. Il m’a fait oublier mon quotidien. Il m’a écouté, il m’a fait boire,  il m’a fait rire… Et j’ai su qu’avec lui, j’étais en sécurité…

C’est ce soir là que notre couple a éclos. Un 30 octobre. La veille de la Toussaint. Hyper glam non ?

Nous nous sommes pacsés un 12 juillet. Il m’a fait sa demande en mariage en juin (et non, nous ne sommes toujours pas passés devant le maire. Sacré bordel l’organisation d’un mariage non ???).

Aujourd’hui, nous sommes le 23 janvier. Je vais me mettre sur mon 47 (ouais, il faut au moins ça !), préparer un petit dîner (enfin mon pote Picard surtout !), faire une jolie table…

Car ce soir nous célébrons… rien ! Juste le plaisir d’être ensemble… C’que c’est niais l’amour…

Alors c’est comment d’avoir un enfant???

bebedinde

Comme je vous l’ai expliqué, nous avons décidé avec la chouquette de renouer avec notre vie sociale. D’ailleurs, nous avons un peu forcé car nous sommes sortis tous les soirs de ce long week end. Nous avons recrée du lien avec beaucoup de nos amis.

Je reviens donc aujourd’hui avec une petite sélection des remarques auxquelles nous avons eu droit. Rien de malveillant la dedans, juste de la curiosité mal exprimée. Petite précision avant d’ouvrir les hostilités, nous sommes le seul couple à avoir un enfant.

Ce qui va suivre est 100% authentique, autant les réflexions de nos amis que les réponses que nous leur avons donné.

  • Numéro 5 :

– Oh la la, pourquoi il me regarde comme ça ? Je lui ai fait quelque chose ?

– Oui, oui, il sent les gens. On essaie de l’élever comme les chiens anti drogue. Il a un détecteur à couillon et je crois qu’il t’a capté direct !

  • Numéro 4 :

– Et bah dis donc, qu’est ce qu’il mange !

– On l’engraisse pour pouvoir le servir à la place de la dinde à Noël. Avec tout le fric qu’il nous coute, faut bien qu’on le rentabilise !

  • Numéro 3 :

– Mais il va jamais s’endormir si vous le laissez pleurer comme ça ?!

– Non effectivement, si on est venu c’est juste pour vous pourrir la soirée avec les hurlements du tout p’tit !

  • Numéro 2 :

– Bah alors, il marche pas encore ?

– Si, si, il fait la roue même mais tu comprends il est un peu pudique !

  • Numéro 1 :

– Alors c’est comment d’avoir un enfant ?

– Bah écoute, le mieux c’est qu’on te le prenne à l’essai. Tu l’embarque un mois et tu nous dis ce que t’en penses…

Heureusement, nos amis nous connaissent et surtout, connaissent notre humour. Mais nous aimons saisir cet instant, ce doute dans leur regard « et s’ils disaient vrai ?… ».