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Le sommeil de notre enfant : enfin des nuits paisibles…

train sommeil

Avant de te présenter les moyens auxquels nous avons eu recours, je tiens à te préciser que je parle de notre cas, de notre situation et surtout de notre enfant. Ce qui a fonctionné chez nous, ne donnera peut-être pas de résultat probant ailleurs… Mais, sait-on jamais…

Notre fils, qui soufflera sa deuxième bougie demain, ne fait de véritables nuits que depuis quelques semaines. Avant cela, nous avions droit à des soirées à-cran car le bougre refusait de s’endormir ainsi qu’à de multiples réveils nocturnes. Autant te dire que tout le monde, au sein de la maisonnée était à cran : notre cinq’ans qui subissait ce chaos, notre presque deuzan qui n’atteignait jamais un état de repos parfait et nous, parents, au milieu de tout ça…

Stress, nervosité, frustration, épuisement, … autant de sentiments entremêlés, l’idéal pour évoluer dans  une ambiance délétère…

Nous avons tenté tellement de choses (homéopathie, veilleuse, ostéopathie, musique douce, câlins, ….) mais toutes se sont révélées inefficaces. Notre enfant ne dormait toujours pas. Et quelle frustration de voir tant d’énergie dépensée en vain… Quelle colère de compter tant d’argent jeté par les fenêtres… Quel désespoir de constater que nous étions impuissants…

Puis, il y a quelques semaines, gargarisés par une dynamique de changement, nous avons pris le temps de penser les choses. En premier lieu, nous avons étudié le cycle de sommeil de l’enfant qui pourrait être imagé comme suit…

train sommeil

Un cycle de sommeil correspond à un train, avec une phase d’endormissement de plusieurs minutes. Puis, l’enfant passe par plusieurs stades avant d’atteindre le sommeil paradoxal, très réparateur. S’ensuit alors une phase d’éveil avant que l’enfant ne retombe dans les bras de Morphée. Enfin ça, c’est la théorie… Car, comme je te le disais, chez nous, l’endormissement était une galère sans nom. Quant aux réveils nocturnes, nous ne les comptions plus… 2, 3, … parfois une dizaine par nuit !

Mais alors pourquoi notre enfant ne dormait-il pas ?

Le schéma que je viens de te présenter nous a apporté UN élément de réponse qui nous avait échappé jusqu’alors : « on est bien ». Et oui, pour trouver le sommeil, il faut se sentir suffisamment apaisé. Nous en faisions nous-mêmes l’expérience. Tellement à cran, tellement sur les nerfs, nous avions des difficultés à nous endormir. Trop énervés, trop stressés, toujours inquiets de savoir quelle nuit nous attendait, nous ne trouvions pas l’apaisement suffisant pour nous laisser aller au sommeil.

Si tel était le cas pour nous, pourquoi cela ne serait-il pas valable pour notre enfant ?…

Outre le fait d’expliquer les difficultés d’endormissement de notre presque deuzan, ce schéma présentait aussi l’intérêt d’expliquer ses multiples réveils nocturnes. Une nuit étant composée de 4 à 6 « trains du sommeil », et d’autant de phases d’éveil, il était « légitime » que notre enfant pleure à chaque fin de cycle. Ne parvenant pas à trouver, seul, l’apaisement nécessaire pour parvenir à se rendormir, ils faisaient appel à nous, parents. CQFD.

Une fois de plus, l’évidence s’imposait : nous étions le problème mais aussi la solution…

Notre hypothèse était la suivante : si nous offrions à notre fils un cadre de vie suffisamment serein, peut-être serait-il en mesure de trouver l’apaisement nécessaire pour enfin rester seul toute une nuit ? Il nous fallait le nourrir de « nous » en journée afin qu’il ne doute plus de notre présence la nuit. Il nous fallait revoir notre attitude afin d’éliminer toute source de stress de notre quotidien. Il nous fallait être des exemples, de calme, de sérénité, de bienveillance afin que notre enfant puise en nous ce qu’il y a de meilleur…

Concrètement, qu’avons-nous fait ?

  1. Nous avons éliminé les écrans de notre quotidien

Comme je te l’ai présenté dans un précédent billet, nous avons, d’abord, réaménagé notre intérieur avec, en point d’orgue, la suppression de la télévision. Nul besoin de raviver le débat sur les écrans ici mais, ce que nous constations chez nos enfants, c’est que, pour bien des raisons, les écrans étaient néfastes. Plus de télévision, plus de sur-stimulation, plus de fond sonore permanent, plus de couleurs psychédéliques constantes, …

  1. Nous nous sommes montrés pleinement disponibles

Chaque soir, lorsque notre presque deuzan rentrait de la crèche, il demandait les bras +++. Aux prises avec les exigences du quotidien (préparer le repas, donner le bain, organiser les affaires du lendemain, etc.), nous ne répondions pas à toutes ses sollicitations, laissant ainsi son réservoir affectif à moitié plein…Nous nous sommes donc réorganisés et avons, de fait, lâché prise sur bon nombre de choses…

Pas de bain aujourd’hui ? Rien de dramatique…

Repas quelque peu approximatif ? Ca fera l’affaire…

Rien n’est prêt pour demain ? On verra quand on y sera…

Par contre, là où nous nous sommes montrés intransigeants et avons veillé à ce que cela soit fait tous les soirs : répondre aux besoins de notre enfant. Etre propre, manger 5 fruits et légumes, avoir les affaires coordonnées pour le lendemain, il n’en avait que faire. Ce dont il avait impérieusement besoin, c’était nous.  Juste nous. Simplement nous.

Matins, soirs, week-end, nous avons câliné, joué, câliné, joué. Nous nous sommes montrés présents et pleinement disponibles. Encore et encore. Jusqu’à remplir sa jauge…

Ceci était vrai le jour mais aussi la nuit. A chaque pleur, nous nous sommes levés. A chaque cri, nous avons rassuré. Lui montrer que nous étions présents. Toujours. Sans jamais faillir. Je ne te cache pas que ce fut une période très difficile à vivre. Il nous fallait nous contenir le jour, nous effacer totalement afin de combler ses besoins. Mais il nous fallait aussi être pleinement disponibles la nuit, répondant au moindre de ses appels. Tout ceci sans garantie aucune que cela fonctionne…

  1. Nous avons modifié nos comportements et attitudes

Nous montrer disponibles était une chose, nous montrer bienveillants en était une autre… Jusqu’alors, crises, punitions, réprimandes, pleurs, … régnaient dans notre foyer. Comment avoir des enfants sereins lorsque, nous-mêmes n’étions que des boules de nerf ?

Ce fut là le travail le plus ardu. Prendre sur soi. En toute circonstance. Faire taire cette colère permanente qui sommeillait en nous. Transformer les cris en propos calmes et posés. Pas un mot plus haut que l’autre. Dire que ce fut extrêmement difficile est un euphémisme. Il s’agissait d’un véritable entraînement, digne de sportifs de haut niveau, auquel nous nous soumettions.

Cela ne signifiait pas pour autant que nous passions tout, que nous acceptions tout de la part de nos enfants. Loin s’en faut. Mais nous apprenions à cadrer sans hausser le ton. A poser des limites sans crier. A expliquer sans juger.

  1. Nous avons pratiqué la technique « décroissante »

Qu’est-ce que cette technique ? Il s’agit simplement, chaque soir, d’avancer en allant du plus agité au plus calme… Je m’explique. Lorsque les enfants rentrent de l’école/la crèche, ce sont des piles électriques. D’une part, ils ont probablement vécu une journée riche en émotions. D’autre part, ils se sont très certainement contenus. Ajoute à cela le fait qu’ils sont surexcités de nous voir et tu obtiens un cocktail explosif.

En premier lieu, nous nous attachons à nous « reconnecter » à nos enfants. Séparés toute la journée, nous prenons un temps pour recréer ce lien que nous avons, temporairement, mis de côté pour vaquer à nos occupations quotidiennes. Cela peut passer par un bref moment de jeu, un instant de tendresse, une discussion, … Bref, nous nous accordons le temps de nous retrouver.

Puis, les enfants peuvent jouer à leur guise. Avec ce qu’ils souhaitent, où ils le souhaitent, en faisant autant de bruit qu’ils veulent (dans la mesure du raisonnable bien sûr).

Ensuite, vient le moment du repas. Même si nous ne dînons que très rarement avec les enfants (manger à 18h30, merci bien !), nous nous mettons à table avec eux. Nous parlons, de tout, de rien, de nos anecdotes, de ce qui nous a plu au cours de notre journée, de ce qui nous a éventuellement contrarié … Il s’agit là d’un temps d’échange précieux qui amorce la « décroissance ».

Après le dîner, vient le moment du bain (ou du débarbouillage selon les circonstances). On se met en pyjama. Il importe, à ce moment, que les enfants comprennent qu’ils vivent là la dernière ligne droite avant de dormir. Nous tamisons les lumières et annonçons que nous sommes en « temps calme ». Nous énonçons également l’heure à laquelle ils iront se coucher et ce, afin qu’ils aient un repère.

Ce temps calme est l’occasion de faire place aux jeux plus tranquilles. Cela peut être le temps de lire une histoire, de faire un puzzle, de jouer avec des cubes… Pas de jeux bruyants, pas de sur-stimulation.

Enfin, l’heure du coucher arrive. Des câlins, des bisous, des mots tendres. Tous les soirs, nous tenons le même discours au presque deuzan : « Nous sommes là, tout prêts de toi. Ne t’inquiète pas. Tu peux passer une douce nuit. Si tu as besoin, nous serons présents ».

Aujourd’hui, où en sommes-nous ?

Et bien, sans toutefois crier victoire car nous savons bien que rien n’est jamais acquis, nous pouvons dire que notre fils fait ses nuits. Il s’endort sans peine et ne se réveille plus la nuit. Les rares fois où cela se produit, nous tenons le cap. Etre présent, disponible. Encore et toujours…

Nous aimons à croire que tout ce que nous avons mis en place a enfin porté ses fruits… Ou alors peut être simplement que notre enfant était enfin prêt à passer de paisibles nuits… Toujours est-il qu’en tant que parents, nous tirons bon nombre de bénéfices d’avoir modifié notre quotidien avec, en premier lieu, le sentiment de répondre aux besoins de nos enfants.

 

Parce qu’être parent, c’est aussi ça…

pleine lune parent seul

6 heures du mat’… L’aube, l’aurore, tu ne sais plus… Le silence absolu… Une nuit si sombre que le soleil peine à émerger… Au milieu de cet univers en suspens, tu es là, les yeux bien ouverts et le cerveau en ébullition. Pourquoi un tel état de nerfs ? Pourquoi ce qui-vive permanent ? Pourquoi cette sensibilité exacerbée ? Pourquoi cette inquiétude intérieure ? Parce que tu es mère… Rectification, parce que tu es  une mère privée de repos…

On t’avait pourtant prévenue : « prépare toi, tu vas découvrir les nuits hachées, le sommeil en pointillés, les multiples réveils nocturnes, … ». Des mots, juste des mots… S’il est une chose que l’on ne peut décrire justement, c’est la privation de sommeil… Indescriptible et pourtant universelle… Qui n’a pas connu cet état : après une nuit festive, après une nuit parsemée d’angoisses, après une nuit torride, après une nuit…

Mais rares sont ceux pour lesquels cet état perdure… Et pourtant, ils existent. Ils sont là, à côté de toi au boulot, une tasse de café entre les mains. Ils sont aussi là, dans le train, la tête vrillant au moindre soubresaut. Ils sont là au supermarché, l’œil hagard, comme robotisés. Partout. Ils sont là. L’ombre d’eux-mêmes…

Evidemment, tu te vois prodiguer les conseils de bien-pensants : confie-les, repose-toi, prends du temps, détends-toi, relativise… Ces conseils, la plupart du temps énoncés avec toute la bienveillance du monde, ne font que renforcer ton sentiment de solitude : personne ne me comprend…

Et pourtant… Ces sentiments qui t’animent, savoureux cocktail explosif, ne sont pas étrangers à tous… Cette fatigue éreintante, cette colère permanente, ce sentiment d’injustice, cette hyperréactivité, cette boule logée au plus profond de toi… Je connais tout ça… Je sais qu’il t’est peut être même arrivé, parfois, de regretter… Regretter d’être devenu parent… Puis, l’instant d’après, cette culpabilité qui t’assaille… Comment avoir osé penser ça ?…

Parce qu’être parent, c’est aussi ça…

La fatigue…

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Lorsque tu as un enfant en bas âge, tu assimiles vite le fait qu’il va te falloir apprendre à t’accoutumer à une nouvelle compagne : la fatigue.

Elle s’immisce dans ta vie, sans même que tu l’y ais convié. Pas de premier rencard, pas de premier verre, elle file directement dans ton pieu et s’y installe en prenant toute la couverture. Pas besoin de PACS et autre mariage pour t’engager auprès d’elle, elle ne te quittera plus, sois en sûr.

Parfois, tu penseras te débarrasser d’elle. Tu retrouveras ton pote perdu de vue depuis longtemps : le repos. Le repos lui, est plus fourbe, plus farouche. Il se laisse approcher, toucher du doigt pour repartir aussi vite qu’il est venu. Ses cousins proches ne sont autres que Bip Bip, Speedy Gonzales et Usain Bolt.

Par ailleurs, lorsqu’elle s’immisce, la fatigue vient rarement seule. Elle s’arrange toujours pour créer une espèce de projet X dans ta vie. Elle convie tous ses potes afin de foutre un joli bordel. Parmi eux, tu trouveras à coup sûr : yeux-en-trous-de-pine, cernes-jusqu’aux-nibards et perte-de-neurones. Ce dernier est, en règle générale, celui qui fait le plus de dégât. Un peu comme celui qui laisse une grosse tache de vin rouge sur ton canapé blanc. Il te fera faire les pires absurdités possibles. J’ai d’ailleurs accumulé un joli palmarès à mon actif :

– se tromper de route pour aller au boulot (et s’en apercevoir une fois arrivée à mauvais port)

– habiller bébé avec les fringues du troizan (et s’en rendre compte à la crèche)

– faire couler la cafetière sans café (et se dire “l’est un peu palot mon café ce matin”)

– dire « bon appétit » au mec qui te file ta commande au Mac Do (rester polie, en toutes circonstances, mauvaises tant qu’à faire)

– et, le dernier en date, non des moindres, rédiger un texto à l’ensemble de tes amis pour leur dire « venez chouiller avec nous le 31 décembre » et l’envoyer à la principale du collège dans lequel tu bosses…

Ah oui, je t’ai pas dit ! La fatigue ramène évidemment sa meilleure amie : la honte, surnommée « je-me-cache-maintenant-ou-j’attends-un-peu ».  Elle n’a aucune pitié et a tendance à s’inviter dans des moments délicats type entretien avec ton boss (où tu te surprendras à dire « salut » en lieu et place du traditionnel « bonjour »), repas de famille (où tu oublieras qu’il est des sujets qu’il ne faut pas aborder, type le divorce de tes beaux-parents) et autres réunions à l’école (où tu auras zappé que c’était organisé à la mairie et non à l’école et que donc tu arriveras avec 30 minutes de retard, sous les yeux écarquillés des parents parfaitement parfaits et parfaitement à l’heure).

Bref, la fatigue, lorsque tu deviens parent, c’est un peu comme lorsque tu lis « t’choupi » à ton gamin pour la 2500ème fois : c’est chiant et contraignant mais t’as pas le choix !

Et toi, la fatigue, ça te parle ? Elle squatte aussi ? Elle t’a déjà fait faire des boulettes ?