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Faire face à l’opposition : détourner pour désamorcer…

keepcalm

Mon fils a 22 mois. L’âge tendre. L’âge doux. L’âge câlin. Mais bien sûr ! Mon fils a 22 mois et il est possédé. Par quoi, je l’ignore encore mais je sens qu’ils doivent être plusieurs dans sa tête. Car, il peut passer de la joie, aux pleurs ; des rires, aux hurlements tout ça en l’espace de 5 minutes…

Au début, en tant que bonne mère dans le déni, je me disais « oh le pauvre, pour réagir ainsi, il doit avoir mal quelque part : les dents, le ventre, que sais je… ». Puis, après l’avoir fait passer au contrôle technique à de nombreuses reprises, je me suis aperçue qu’il était en parfaite santé (hormis la bobologie classique).

Que pouvait-il bien lui arriver ? Et la, en tant que bonne mère inculte, tu te renseignes. Tu vas sur ton nouveau meilleur ami Google et tu tapes « crises enfant 20 mois » et j’aime autant te dire que tu es servie : opposition, colère, terrible two, étape du non, etc. T’en prends pour ton grade et tu sais que t’es partie pour en chier !

En tant que bonne mère cupide, j’ai donc décidé que c’était pas un petit de 20 mois qui allait faire la loi à la maison. Oui tu peux rire derrière ton écran. Car non seulement il faisait la loi mais à la façon d’un dictateur digne de ce nom ! Haut comme trois pommes, il parvenait à faire vaciller deux adultes de 30 berges. A nous foutre des palpitations le bougre !

En tant que bonne mère influençable, je me suis inspirée des conseils pris ici et là en matière d’éducation : se mettre au niveau de l’enfant, lui expliquer les choses, encore et encore, poser des limites, etc.  Après m’être pris des guiches dans la tronche, j’ai cessé de jouer à Super Nanny.

Puis, je me suis mise à sa place. Je connais moi aussi, en tant qu’adulte, la frustration. Car c’est précisément ce qui pose problème. Ne pas avoir accès à tout, tout de suite. La différence entre lui et moi est simple : nos âges. A 30 ans, je parviens à maîtriser mes émotions (si l’Homme me lit : retire ce sourire de ta bouche !). Je peux verbaliser ce qui me gêne. J’ai l’expérience. Le tout p’tit lui, du haut de ses 22 mois, ne peut parvenir à tout cela. L’accès au langage se fait à peine. La cognition est en cours de construction. Mon fils est un chantier en travaux. Donc lorsqu’il ressent un sentiment négatif, il est envahi. Totalement. C’est impérieux et il faut que ça sorte. En soi c’est plutôt positif finalement d’exprimer ses émotions. Mais quand tu es face à un gamin qui se transforme en une espèce d’Hulk, t’en mènes pas large.

Une fois de plus, je me suis mise à sa place et me suis demandée : qu’est ce qui me fait du bien à moi lorsque je me sens mal ? Deux choses :

  • L’exprimer
  • En plaisanter lorsque cela est possible (l’humour et moi, grande histoire d’amour, toussa, toussa)

Et donc, en tant que bonne mère qui tâtonne, j’ai expérimenté. Je me suis comportée avec mon fils de la même façon que j’attends qu’on se comporte avec moi. Dans un premier temps, je le laisse exprimer toutes ces émotions qui l’envahissent. Car je sais à quel point c’est important de pouvoir extérioriser, vider son sac. Puis, lorsque je le sens prêt, je détourne son attention pour le faire rire. Avec tout et n’importe quoi, du moment que ça le fasse marrer ! Une couche sur la tête lorsqu’il ne veut pas s’habiller, les guilis sur le ventre quand il ne veut pas aller dans le siège auto, l’avion quand il ne veut pas aller se coucher (notez au passage, que mon fils ne veut pas grand-chose dans la vie), cache-cache lorsqu’il ne veut pas mettre son manteau, etc. Et figurez vous que ça fonctionne ! Le plus compliqué dans tout cela, c’est de rester zen. Car, quand tu t’es levée à 6 du mat’, que t’as turbiné toute la journée et que le petit te fait une crise à 20h pour le bain, t’as juste envie de le mettre au pieu tout habillé ! C’est à ce moment là qu’il faut se transformer en moine bouddhiste! Puiser l’énergie pour désamorcer ! Prendre sur soi pour contenir et apaiser son enfant, toute une vie…

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