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Mais comment tu fais ???

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Si tu savais le nombre de fois où j’ai pu entendre cette question ces derniers temps… Comment tu fais pour tenir le coup ? Mais comment tu arrives à gérer ? Et comment tu parviens à assurer ? La réponse est simple : je n’ai pas le choix !

Rapide état des lieux : mon six mois ne fait toujours pas ses nuits. Depuis des mois donc, j’enchaîne les siestes nocturnes (car, soyons honnête, dormir 3 heures ne s’appelle pas une nuit pour moi). En parallèle, mon troizan rencontre des soucis à l’école. Des soucis de comportement pour être précise. Il tape, jette, pousse, j’en passe et des meilleures. Hier encore, nous étions convoqués chez la maîtresse/directrice. En résumé, lorsque ce n’est plus bébé qui nous fait la misère la nuit, c’est le grand qui nous crée des soucis la journée (à ce rythme, dans 5 ans, je suis ridée comme un vieux pruneau).

Effectivement, ce ne sont pas des « problèmes » tels qu’on peut l’entendre. Mais disons, qu’avec la fatigue, le moindre pet de mouche peut prendre des proportions énormes. Oui, il y a bien plus grave. Non ce n’est pas dramatique. Mais à trop pousser mémé dans les orties, elle se prend la cruche d’eau avec son chat échaudé.

Alors comment je fais ?

Tout d’abord, ce n’est pas comme si j’avais le choix. Je ne peux décemment pas faire un abandon de domicile (non, non, non, ne me tente pas !). Avec un peu de recul (il m’en reste un tantinet dans l’orteil gauche), j’ai tout de même fondé une jolie famille. Si tu enlèves la fatigue, les soucis, les perpétuelles remises en question, la culpabilité et les interrogations permanentes, c’est plutôt très sympa de vivre à leurs côtés.

Ensuite, je me projette. Je me dis que, d’ici quelques années, les choses se seront apaisées. Ou pas, me diras-tu. Mais je préfère croire à un avenir meilleur (sinon ne me reste plus qu’à mettre la tête dans la poubelle à couches et attendre mon dernier souffle).

Enfin, j’utilise l’humour. Beaucoup. Mon meilleur mécanisme de défense. Mon plus fort allié dans l’adversité. Tous les obstacles que je peux rencontrer sont tournés à la dérision. Cela amène un peu de légèreté dans un quotidien parfois bien lourd. Je ne te cache pas que, parfois, je m’effondre. C’est humain. Mais toucher le fond me permet, la plupart du temps, de repartir de meilleur.

Et toi, comment tu tiens le coup au quotidien ?

 

Cette télé, que j’aime autant que je déteste…

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Les écrans, vaste sujet qui attise souvent la polémique dans la sphère parentale… Pour/contre, chacun y va de son argumentaire… Chez nous, la télévision fait partie de notre quotidien. J’ai grandi avec elle et ai bien du mal à m’en séparer…

Lorsque mon premier enfant est né, j’ai vu à quel point les écrans pouvaient être addictifs. Au départ, je m’ « amusais » de le voir interagir avec la télévision. Mais, rapidement, j’ai compris qu’il ne vivait que par/pour elle. J’ai donc décidé de réduire au maximum le temps passé avec « elle ». Et, à ma plus grande surprise, c’est sans difficulté qu’il a pu s’en passer…

Aujourd’hui, les choses ont changé. Il y a presque six mois maintenant, j’ai donné naissance à notre deuxième enfant. Ce tout petit être dont il fallait s’occuper en permanence, m’obligeant, pour mon plus grand regret, à « délaisser » mon aîné. Insidieusement, la télévision s’est installée et a pris de nouveau ses aises dans mon foyer…

Comme je suis contente de pouvoir compter sur elle parfois : le soir lorsque je donne le bain/repas à bébé ; le matin lorsque je dois me préparer pour aller au boulot ; etc.  Et puis, je dois bien l’avouer, il y a tous ces jours où, épuisée, je me repose sur elle. Un peu trop à mon goût. Mais avec mes 3 heures de sommeil nocturne (depuis 6 mois, oui oui !), difficile d’être en permanence au taquet. Comme je l’aime, cette télévision!

Mais, il y a le revers de la médaille. Il y a tous ces moments où je suis pleinement disponible pour mon troizan et où il préfère me demander la télévision. Il y a tous ces matins où, à peine son petit déjeuner achevé, il quémande un dessin animé. Tous ces retours de l’école où il ne souhaite qu’une chose, larver sur le canapé devant les comptines… Il n’y a plus qu’elle… Comme je la déteste, cette télévision !

Alors comment réagir ? Restreindre le temps passé devant les écrans ? C’est déjà ce que nous essayons de faire, autant que possible. La faire disparaître de notre foyer ? Difficile car, comme je te le disais, elle nous sauve bien la mise parfois… Après, c’est sans doute une habitude à prendre… Si elle n’est plus là, le troizan saura s’occuper différemment, sans nul doute. Mais, je suppose qu’il y a un temps de « sevrage » durant lequel je devrai me rendre disponible pour mon troizan, ce qui, vu la conjoncture actuelle, me paraît fort complexe…

Et chez toi, les écrans occupent quelle place ?

 

 

Je ne suis pas gentil…

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Voilà, le couperet est tombé… Ses mots, prononcés encore et encore, comme pour se rappeler qui il est… « Je ne suis pas gentil »… Mon troizan… Mon si doux qui se donne des allures de brute… Si sensible, si fragile, si affectueux… Mais dont les coups peuvent partir si vite, qu’il ne les contrôle pas… « Je ne suis pas gentil ».

Voilà la façon dont il se perçoit. Et surtout dont les autres le perçoivent. Hier matin, lorsque nous sommes arrivés à la garderie, une petite fille s’est écriée « oh non ! pas lui ! il est méchant !! ». Et ce matin, en allant le déposer à l’école, cette jolie tête blonde qui dit à sa maman « c’est lui ! il est pas gentil… ».

Mon cœur de maman saigne et chacun de ces mots ne font qu’augmenter la plaie… Non, mon précieux, tu n’es pas méchant. Moi je le sais. Je sais que tu ne parviens pas à canaliser ce flux d’émotions qui t’assaillent. Comme un raz de marée intérieur. Je sais qui tu es et tu n’es pas ce que l’on dit de toi.

Mais alors comment faire ? Tu as beau être un petit garçon intelligent, je ne sais pas si tu es en mesure de comprendre que ce que les autres pensent de toi ne te définit pas. J’ai beau te répéter à longueur de temps que tu es gentil, comment lutter face à cet assaut de remarques négatives ? Que puis-je faire pour que tu ne colles pas à cette étiquette que l’on te colle ? Comment lutter ?…

Alors je te félicite chaque jour. Pour tout mais aussi pour ces petits riens du quotidien. Chaque jour, je me fais l’enduit qui vient combler ta faille narcissique…

On t’en demande tellement mon tout ptit. Etre propre alors qu’il y a deux semaines, tu ne l’étais pas. Faire du 8h-18h, non-stop, dans l’enceinte de l’école. Suivre le rythme infernal imposé par la vie. Rester calme. Ecouter !es consignes. Etre gentil. Se plier aux règles. Assis-debout-à droite-à gauche… Comment ne pas comprendre que, parfois, oui tu débordes. Non, tu ne parviens plus à gérer tes émotions. Oui ça explose. Crois-moi, si je n’avais pas été « conditionnée » par la vie, moi aussi j’exploserais. Oh oui ça, si je le pouvais, je hurlerais, je me roulerais par terre, je pleurerais, je jetterais tout ce qui me passe sous la main.

Non, mon fils, tu n’es pas méchant. Tu es un être absolument formidable. Oui, il t’arrive de ne plus contrôler ce corps qui t’échappe. Mais jamais, je ne te laisserai croire que tu n’es pas gentil. Les autres pourront le dire encore et encore. Alors je parlerai plus fort qu’eux. Ils pourront te dire 20 fois que tu es méchant. Alors je te répéterai 100 fois à quel point tu es gentil.

Pour qu’enfin, tu y crois. Pour qu’enfin tu saches, quel petit garçon adorable tu es…

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