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Cet enfant qui nous pousse à bout…

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Un enfant, ce n’est que du bonheur… Une fois qu’ils sont là,  on n’imagine plus ce que peut être la vie sans eux… Etre mère est la plus belle chose qui soit… Toutes ces phrases, tu as du les entendre ou les prononcer au moins une fois dans ta vie. Je ne remets, au aucun cas, en cause le bien fondé de ces assertions. Mais je souhaiterais toutefois les nuancer.

Non, un enfant ce n’est pas QUE du bonheur. Ô combien de fois, je me suis laissée aller à imaginer une vie sans eux. Etre mère est à la fois la plus belle chose qui soit, mais aussi la plus difficile. Certes, jamais je n’ai autant aimé. Mais, jamais, je n’ai été aussi malmenée. Jamais, je ne me suis sentie aussi désarmée, seule et dépourvue que face à mon enfant…

Car, vois tu, mon troizan pourrait être  « rangé » dans la catégorie des enfants « difficiles ». Vaste caste dans laquelle tu peux trouver, au choix, des problèmes de comportement, de défiance, d’agressivité, d’opposition, de provocation… Mon fils est un savoureux cocktail de tout cela.

Dès son plus jeune âge, il a su s’imposer. Très tôt, il a maîtrisé le « non », à tout va, en toutes circonstances. Il nous a vite fait comprendre « je suis une personne avec mes propres besoins et envies » (et tant qu’à faire, différents des vôtres).

A la crèche déjà, nous avons été « convoqués » : « votre enfant est violent, ne sait pas s’intégrer, ne se plie pas aux règles de vie,… Et vous, comment vous faites à la maison ? ». Et bien, on fait ce qu’on peut!  Notre vie à ses côtés est souvent faite de conflits. Rien n’est simple. Jamais. Tout est négociation, discussion, et les fois où nous sommes à bout, lutte.

En ce mois de septembre, mon troizan a fait sa première rentrée scolaire. Il était heureux comme tout. Pas une larme n’a coulé sur son visage. Quel soulagement pour la maman inquiète que je suis. Puis, trois jours après la rentrée, le couperet tombe « Madame, il faut que nous parlions de votre enfant. L’école, ça ne va pas du tout ». Le coup de massue, la douche froide. Il s’avère que ce jeune homme n’a de cesse de taper et pousser ses camarades. Il jette, défie, n’écoute pas.

Depuis, chaque jour qui passe, je demande comment se déroulent les journées de mon enfant. Et, chaque jour qui passe, la même rengaine : « pas terrible ». Lui-même reconnaît volontiers faire des bêtises. Il sait que ce n’est pas correct, que c’est interdit, que c’est mal. Mais, de ce que j’en comprends, il lui est impossible de réagir autrement. Car voilà, mon fils semble être en colère…

En colère contre quoi ? En colère contre qui ? Je n’ai malheureusement pas les réponses à ces questions. Mais les faits sont là. Il semble animé par une force qu’il ne parvient pas à maîtriser. Les mots ne suffisent pas. C’est l’explosion.

Preuve en est le dimanche que nous avons passé : il s’en est pris à sa cousine, a jeté des cailloux à la figure de son père, m’a mordu, comportements qu’il n’avait jamais eu jusqu’alors. Ce dimanche restera à jamais gravé dans ma mémoire car, pour la première fois, j’ai pleuré devant mon enfant. De tristesse, de colère, de lassitude, de désarroi, …. Tant d’émotions négatives qu’il m’était alors impossible d’envisager une issue positive à cette situation.

Puis, je me suis ressaisie. Je ne peux laisser mon fils seul face à cette colère qui semble le dépasser. Il me faut m’outiller pour l’accompagner dans tout cela. En fouinant sur Internet, j’ai trouvé ceci :

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Il s’agit de la roue de la colère. Ce document va être affiché en évidence dans la maison. Chaque fois que s’amorceront les premiers signes d’une crise, nous irons ensemble voir de quelle façon il peut réagir. Libre à lui de choisir laquelle.

Puis j’ai regardé du côté des ouvrages. Je m’en suis procurée un certain nombre, en particulier ceux de Catherine Dolto :

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obeir-desobeir gentil-mechant

Mais aussi, le fameux « Grosse Colère » dont je ne cesse d’avoir des éloges.

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Il existe également un outil aux critiques dithyrambiques : « Calme et attentif comme une grenouille » qui comprend un livre, un CD, une boîte à outils pour les parents et les enfants. Il s’agit de pouvoir aider son enfant à changer d’état d’esprit et de relation avec le monde qui l’entoure. On y trouve des exercices à faire au quotidien (sur le chemin de l’école, à table, quand on regarde un film ensemble, etc.) pour apprendre à regarder, écouter, découvrir ses émotions. Je compte évidemment me le procurer très rapidement !

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J’envisage également l’inscrire à une activité sportive. A l’heure actuelle, nous penchons pour le baby judo (essai mercredi après midi! Tu croises les doigts pour que ça lui plaise???)

Bref, tu l’auras compris, je déploie toutes mes ressources pour accompagner mon enfant dans ce qui me semble être une forme de détresse. Cet enfant me pousse à bout certes mais, jamais, je ne le lâcherai. Il me pousse à puiser dans ce qu’il y a de plus pur en moi, à développer des qualités que je n’avais pas, … Cet enfant, mon enfant, fait de moi, une personne plus forte, plus confiante, plus à l’écoute. Chaque jour, et bien malgré lui, me fils fait de moi quelqu’un de meilleur… A moi de lui rendre la pareille…

 

Tout vient à point…

apprentissage propreté patience pot

Ce matin, alors que nous n’y croyions plus, tu nous as « offert » ton premier pipi sur le pot… A trois ans (et deux jours)… Enfin ! Aujourd’hui, je vais arborer le visage fier de la mère dont l’enfant vient de passer un cap (mais si, tu connais ce visage ! Celui qui fait que tu marches la tête plus haut qu’à l’ordinaire…).

Comme tous les matins, nous avons procédé à notre rituel : on prend le petit déjeuner, on se lave les dents, on change la couche, on … ah non ! Tu veux le pot ? Bon ok… Comme à chaque fois tu vas t’assoir et ne rien faire… Mais, mais, mais ???? Qu’est ce que c’est ???? WTF !!! Tu as fait pipi dans le pot !!! Danse de la joie, applaudissements, bisous à foison, pour un peu on sortait les cotillons ! Tu n’as pas compris grand-chose à notre engouement mais comme tu étais fier (à peu près autant que nous).

Cela fait environ un an que nous avons accueilli le pot dans notre maison. Nous avons fait les présentations, très froides. Au début, tu ignorais totalement à quoi pouvait servir cet objet incongru… Puis, rapidement, tu en as fait un jouet. Du moment que tu te familiarisais avec, cela nous convenait… Puis, tu t’en es servi comme fauteuil pour y lire tranquillement tes petits livres (on frôlait l’acquisition du concept). Enfin, tu nous as fait tourner en bourrique. Maintes et maintes fois, tu nous l’as demandé, tu t’es assis, on y a cru et puis rien… Des mois et des mois de rien…

Et puis les gens, encore et toujours les gens : « quoi ??? Il est toujours pas propre à 30 mois ???? vous devriez aller consulter non ??? ». Bah écoute, dans la mesure où ce n’est pas toi qui lui torches le fion, tu peux considérer que ton avis, je m’en carre l’oignon ! Ce sont ces mêmes gens qui « s’inquiétaient » de ne toujours pas te voir marcher à 15 mois… Ou encore te savoir dans un lit à barreaux jusqu’à récemment… Finalement, quand tu regardes, le principal problème du parent ce sont les autres… Bref, là n’est pas le sujet !

A aucun moment, nous ne t’avons mis la « pression » pour le pot. L’arrivée de ton petit frère approchant, nous avions même abandonné l’idée de te le suggérer. Tu le savais là, pas loin, si tu en avais envie. Nous répondions à tes sollicitations de pot pour pipi fictif. Toutefois, nous nous étions mis une dead line : cet été (bah oui, l’entrée à la maternelle, toussa toussa).

Et finalement, ce matin, alors que nous ne nous y attendions pas, tu as sauté le pas. Et je suis heureuse de ne pas avoir céder à la pression. Je suis contente de voir que tout cela est venu de toi. Sans stress. Sans contrainte…

Car, peu importe les milliers de théories, bouquins, références en la matière… Peu importe les « autres »… Ce qui compte c’est toi et ton rythme… Alors continue de faire ce que tu fais si bien depuis ta naissance : grandir…

 

Je suis ta mère mais je reste humaine…

anniversaire

Hier soir, je t’ai organisé un petit anniversaire intimiste. Ton père, toi et moi, réunis  pour célébrer tes trois ans. J’ai décoré la maison, emballé tes cadeaux, gonflé ballons, acheté chapeaux, … bref j’ai voulu, pour toi, le meilleur.

Tu es rentré de la crèche. Je t’ai accueilli en chanson, attendant impatiemment que tu souffles ta bougie. Les yeux remplis d’étoile, tu as ouvert des cadeaux. Tu étais heureux, j’étais dans les nuages. Puis, en un quart de seconde, les choses ont basculé. Un évènement anodin a tout chamboulé.

J’ai voulu prendre un gâteau, ce à quoi tu t’es vivement opposé par un incisif « Non !! C’est à moi !! ». Hors de question pour moi d’accepter un tel comportement. J’ai haussé le ton. Tu ne l’as pas supporté. Un coup est parti. Toi, mon fils, celui pour qui je me vrille les neurones depuis des jours pour organiser un anniversaire sympa, tu m’as donné un coup. Je ne l’ai pas supporté.

Oh non, ce n’est pas la première fois que tu lèves la main. Mais cette « phase » semblait être derrière nous. Aujourd’hui, tu gères mieux ta colère, ta frustration. Ou, à défaut de la gérer, tu es en mesure de l’exprimer par des mots. Mais, à ce moment là, tu n’as pas su/pu. Fatigue de la journée, excitation due à l’événement, que sais-je… Tu n’as pas su contrôler ton geste. Et je l’ai pris pleine face, KO par uppercut !

Tu m’as blessée. Pas physiquement non. En plein cœur. Les hormones n’arrangeant rien à l’affaire, c’est une salve de sentiments négatifs qui m’a envahie. De la colère, de la déception, de la peine, de la rancœur, j’ai parcouru le panel de la noirceur des émotions. L’espace d’un instant, au delà d’être ta maman, j’étais humaine et j’étais meurtrie.

Ton père a su prendre la situation en mains. Il s’est fâché. Il t’a expliqué. Il t’a apaisé. Il a tellement bien réagi que tu es venu me voir, un gâteau à la main, en t’excusant. Ca ne m’a pas touchée. J’étais bien trop en colère contre toi. Alors que tu es rapidement passé à autre chose, je n’ai pas su en faire autant. Je n’ai pas réussi à desserrer les dents de la soirée. Je t’en ai voulu de nous avoir gâché tout ça.

Hier soir, je n’ai pas su être ta mère. Hier soir, j’étais humaine tout simplement.

 

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