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Le plus grand risque dans ta vie, c’est de ne pas en prendre…

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J’ignore encore comment cela m’est arrivée… Cela s’est sans doute installé insidieusement, sans même que je ne sois en mesure de m’en apercevoir. Ou bien l’ai-je vu mais décidé de passer outre, croyant à un petit passage à vide. Seulement cette errance a duré, duré, duré…A tel point qu’aujourd’hui, elle fait partie de moi.

Mes proches m’ont interpellée, me signifiant qu’ils me trouvaient différente. Evidemment, j’avais toujours un contre-argument à leur opposer : fatigue, stress, … A ce moment là, je croyais dur comme fer à ma plaidoirie. J’étais la même, avec quelques tracas supplémentaires certes…

Ne dit-on pas que la vie est faite d’épreuves ? Je l’expérimentais quotidiennement. Chaque jour m’apportait son lot de soucis. Jamais rien de grave. De simples petits riens  qui viennent s’amonceler pour finir par former l’infranchissable, l’insurmontable, l’inextricable.

Le moindre geste du quotidien était devenu dur labeur. Se lever, se doucher, s’occuper des enfants, préparer le repas, … des automatismes effectués sans plaisir aucun. Cela me convenait. Pas de plaisir mais pas de douleur. Mon cœur était bien à l’abri dans sa tour d’ivoire. Inaccessible, rien ni personne ne pouvait m’atteindre.

Et puis, la fois de trop… Un événement lambda a déclenché ma fureur… Comme possédée, j’étais en effet tellement devenue inaccessible que rien ni personne ne pouvait m’apaiser. Et, là, à cet instant, tout a pris sens. L’origine de mon Mal était logé là, juste sous mes yeux. J’acculais le quotidien, les gens, la vie, … Vaste leurre… La personne qui me nuisait le plus n’était autre que moi.

Se protéger de tout en ne vivant rien. S’éloigner des autres qui ne comprennent pas. Etre là sans être là. Toujours en surface. Ne jamais vivre l’instant. Par peur d’être déçue, par anticipation du pire, par crainte de l’avenir… Et finalement devenir spectatrice de sa propre existence. Tel était mon syndrome…

Je ne dis pas qu’aujourd’hui, les choses vont mieux. Mais j’y travaille. Etre là, vraiment. Ne plus incarner cette présence fantomatique. Vivre ma vie, pleinement, sans craindre le pire. Car, à tenter d’esquiver le malheur, je passe simplement à côté du bonheur…

Et lâcher prise…

lâcher prise

Depuis peu, je parviens à regarder le monde sous un autre angle… Par la force des choses, j’ai appris qu’il est possible de classer la vie en deux catégories : ce qui compte/ne compte pas. Vision quelque peu manichéenne je te le concède. Et pourtant…

Avec la naissance de mes enfants, j’ai découvert ce qu’est la fatigue. La vraie. Celle qui t’empêche de raisonner, d’avancer, de réfléchir. Celle qui te sidère, t’entrave. Celle qui te fait voir la vie en noir, qui te fait réagir au quart de tour. Celle qui fait que tu ne te reconnais plus.

Toutefois, cette même fatigue aura eu le mérite de m’apprendre une chose : mettre mon énergie sur ce qui compte vraiment. J’irais même au-delà en disant mettre mon énergie sur ce sur quoi j’ai la main. Car il est évidemment des évènements qui importent mais sur lesquels je n’ai aucun pouvoir : l’hospitalisation d’un proche, les difficultés « scolaires » de mon troizan, les conflits familiaux, etc. Tout ceci me touche bien sûr. Mais j’ai appris à regarder les choses différemment…

Que puis-je y faire ? Ai-je une solution concrète à apporter ? Est-ce que tourner et retourner le problème dans ma tête fera avancer les choses ? Bien souvent, après m’être posée ces questions, je m’aperçois qu’il est des éléments que l’on ne maîtrise pas…

Par contre, ce que l’on peut maîtriser, c’est la façon dont on traite l’information. Quelle place vais-je accorder à cet évènement dans ma vie ?  Prenons l’exemple de l’école. Quatre convocations depuis la rentrée, des remarques quasi hebdomadaires de la part de la maîtresse, des mots dans le cahier, j’en passe et des meilleurs. Bien sûr, tout cela est loin de me réjouir. Mais que puis-je y faire ? A la maison, mon fils est adorable (relativement hein, il reste un enfant de trois ans). Les crises, conflits, colères sont derrière nous. Alors oui, à l’école, les choses s’avèrent plus complexes. Mais quel pouvoir ai-je là dessus ? En dehors du fait de lui faire un rappel régulier des règles, j’entends… Mon fils me semble être un enfant heureux, plein de vie, en bonne santé et qui prend toujours un grand plaisir à se rendre à l’école. Voilà ce qui compte.

Il est des choses dans la vie sur lesquelles nous n’avons pas la main. Ces choses, j’ai fait le choix de les prendre avec distance. J’entraperçois enfin ce que peut être le lâcher prise et j’ai bon espoir, d’ici quelque temps, de pouvoir toucher du doigt ce que l’on appelle « sérénité »…

Et toi, le lâcher prise, tu essaies ? Tu y parviens ?

 

Il était une fois…

citation seneque vie

Il était une fois une femme, trentenaire, mère de deux beaux enfants, un conjoint attentionné, un boulot stable, une jolie maison. Cette femme, prise par le quotidien, vivait sa vie à 1000 à l’heure. Sans s’arrêter. Sans se poser.

Un jour, cette femme reçut un appel. Au bout du fil, une mauvaise nouvelle s’amorçait. Une de ces nouvelles qui fait naître une vilaine boule dans le ventre. Un savoureux mélange de rancœur, culpabilité, colère, tristesse…

Alors, sa perception du monde commença à changer. Comme si l’air était plus difficile à respirer. Comme si la lumière semblait plus sombre. Comme si les sons étaient calfeutrés.

Les jours qui suivirent, elle continua de faire les choses. Machinalement. Elle avançait telle une funambule oscillant entre rêve et réalité. Penchant vers l’une ou l’autre dimension selon les moments de la journée, elle refusait de s’arrêter par crainte de s’effondrer.

Puis, s’apercevant qu’elle ne pouvait plus vivre de cette façon, elle prit le temps de se questionner : était-ce là la vie qu’elle avait envie de mener ? Visiblement non. Si elle en était là, c’est que quelque chose ne la satisfaisait pas. Encore fallait il qu’elle parvienne à mettre le doigt dessus…

Alors elle décida qu’il lui était nécessaire de changer. Elle ignorait encore comment. Mais elle ne pouvait décemment pas continuer de maltraiter sa vie de cette façon. Cette vie qui, aujourd’hui enfin elle le savait,  pouvait se dérober en quelques secondes.

Mais la tâche s’avérait plus complexe que prévu. Changer n’était pas si simple. Trente ans qu’elle percevait le monde d’une certaine façon, qu’elle vivait les choses d’une certaine manière. Elle regrettait avoir eu besoin d’un drame pour se remettre ainsi en question. Mais il fallait qu’elle se saisisse de cette occasion.

Elle comprit alors une chose : on ne se remet jamais d’une tragédie. Le seul pouvoir qu’elle avait c’était de s’en saisir et d’en faire quelque chose. Pour que cette perte qu’elle avait vécue ne soit pas sans fin, elle se fît une promesse : vivre pleinement! Pour que, jamais, le regret ne vienne s’immiscer…

 

 

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