femme forte

Récemment, au détour d’une conversation avec une amie, je me suis aperçue à quel point mon entourage avait une vision faussée de ce que je suis. « Une femme forte » sont souvent les termes utilisés. Une description à priori des plus flatteuse et pourtant…

Prenons l’exemple anodin du sommeil, enfin plutôt du manque de sommeil. Presque six ans que je suis devenue maman et environ autant d’années de privation de sommeil. Bien sûr, nous avons eu droit à des périodes d’accalmie. Pour autant, aujourd’hui encore avec notre deuzan, les nuits sont loin d’être acquises.

Pourquoi prendre cet exemple ? Et bien parce qu’il illustre parfaitement mon propos

« A ta place, je ne pourrais pas »

« J’ignore comment tu fais »

« Heureusement que tu es forte et courageuse »

Alors, comment dire, en des termes réfléchis : je n’ai pas le choix, tout simplement… Je ne vais décemment pas me séparer de mes enfants ni même les abandonner à leurs angoisses nocturnes… Alors je fais, je me lève parfois le pied lourd, le cœur gros et le mental dans les chaussettes. Mais j’avance. Parce que je n’ai pas le choix.

Il est certaines problématiques qui ne se pensent pas en des termes philosophiques mais mathématiques. En somme, il n’existe pas plusieurs solutions possibles à mon problème mais bel et bien une seule : avancer.

Je prends l’exemple du sommeil de mes fils mais cela vaut pour toutes les épreuves que j’ai pu connaître. Maladie, échec, deuil, abandon, toujours mon entourage m’a renvoyée l’image d’une femme forte.

Paroles d’encouragement ? Paroles d’évitement ? Paroles de réassurance ? Je l’ignore…

Toutefois, je pense que derrière chaque femme « forte » se cache une personne sensible qui avance, bon gré, mal gré. Et que, lui répéter encore et toujours qu’elle est forte, ne fait que la censurer, lui refusant ainsi de s’épancher, se confier, de partager ses émotions ou encore de demander du soutien…

Et toi, l’image que tes proches ont de toi est-elle fidèle à la réalité ?