Tu me fatigues avec tes angoisses !

EdvardMunch-TheScream-1893

Comme vous avez pu le comprendre, je suis une personne quelque peu angoissée… Evidemment, cela me bouffe considérablement l’existence ! Vous imaginez bien que penser que le tout p’tit va s’étouffer pendant la nuit, que mon homme est atteint d’une maladie incurable ou encore que ma maison va prendre feu car j’aurais potentiellement oublié d’éteindre mon fer à lisser exige beaucoup d’énergie de la part de mon cerveau. En effet, il faut qu’il passe par un certain nombre d’étapes afin que l’angoisse puisse être digne de son nom.

  • 1ère étape : choisir une donnée sur laquelle peut s’élaborer l’angoisse. Il faut savoir que le point de départ peut être un élément bénin de la réalité mais aussi quelque chose de complètement fantasmé
  • 2ème étape : à partir de cette donnée, il s’agit alors de laisser aller son imagination. Je pense d’ailleurs que, si jamais je souhaitais me reconvertir, je pourrais envisager une carrière en tant que scénariste de films catastrophes.
  • 3ème étape : place à l’affect ! Après avoir imaginé un scénario bien glauque, il faut l’investir émotionnellement. Et là, je mets le paquet !  Je donne tout ce que j’ai !
  • 4ème étape : se laisser envahir jusqu’à ce que plus rien n’existe à côté. Il faut savoir en effet qu’une angoisse prend beaucoup de place (un peu comme quand mon homme va se coucher et qu’il a un peu trop picolé !). Le reste n’existe plus ; l’attention doit être totalement accaparée par le scénario catastrophe…
  • 5ème et dernière phase : faire chi** le monde. Et oui, l’angoisse est tellement débordante qu’il faut qu’elle s’exprime. Il s’agit alors de choisir une cible (en ce qui me concerne, mon conjoint dans 99,9999% des cas) et tout décharger sur elle.

Stop à la théorie, place à une petite illustration :

  • Un soir, en donnant le bain au tout p’tit, je remarque que l’un de ses doigts de pied est un peu rouge et boursouflé. Je continue le dit bain, lui donne son bib et le couche. Je passe une soirée des plus sereines en zappant cette histoire de doigt de pied gonflé
  • Au moment de me coucher (le moment préféré de mes angoisses pour s’incruster), je repense à cette histoire de pied. Je me demande alors à quoi cela peut-il être dû. Et bim ! C’est parti ! De petite irritation, je passe à piqûre d’araignée pour finir par un ongle incarné qui ne peut que s’achever en panaris. Evidemment le dit panaris va lui-même provoquer une grave infection qui va nécessiter une amputation du pied !
  • C’est un fait maintenant acquis par mon cerveau, si on n’agit pas très rapidement, le tout p’tit va se faire amputer. Je vous laisse imaginer toutes les émotions qui me traversent à ce moment là. A savoir qu’il a du bien s’écouler 2 heures depuis le moment où je me suis couchée.
  • 3 heures du mat’, je ne pense plus qu’à ça. Il faut absolument que demain, dès l’aube, je prenne les choses en main : je vais prendre rendez-vous avec le doc ; non je vais appeler SOS médecin ; non, on va direct aller aux urgences (pour rappel, on part simplement sur un doigt de pied un peu rouge et gonflé). C’est le moment que le tout p’tit choisit pour pleurer (comme toutes les nuits). Evidemment qu’il pleure le pauvre, il a un panaris et va se faire amputer !
  • Je tourne et me retourne dans mon lit mais je ne tiens plus, il faut que j’en parle à mon homme. Je décide donc de le réveiller en pleine nuit (si, si je vous jure ! j’ose !) et lui dit, alors qu’il a à peine ouvert un œil : « je crois que le petit a une infection au pied. Il faut vite réagir parce que si ça se répand c’est l’amputation directe ! ». J’obtiens, pour seule réponse, un grognement suivi d’un « mais t’as des problèmes ! ». Je ne me contente évidemment pas de ça mais attends tout de même que le réveil sonne pour le harceler (oui je suis quelqu’un qui sait prendre sur soi tout de même ! Bon ok j’déconne !).

Monsieur daigne se lever et descend prendre son café. De mon côté, j’aurais évidemment bu une cafetière à moi toute seule en l’attendant. J’attaque direct « bon alors, on fait quoi pour le tout p’tit ? ». Ne se souvenant même pas de l’épisode nocturne, l’homme me demande de préciser pour finir par répondre « ça doit être une piqûre de moustique… Tu me fatigues avec tes angoisses ! ». Une piqûre de moustique !!!!!!! Une piqûre de moustique ??? Ah oui, une piqûre de moustique. J’en suis bourrée moi aussi en ce moment. Oups !

Voilà donc ce que cela peut donner. Mes angoisses me bouffent la vie et pas que la mienne d’ailleurs…

L’une des seules périodes de mon existence qui a été épargnée par ces fichues angoisses reste, aussi surprenant soit il, ma grossesse. J’étais sereine, limite insouciante… Mais bon, je ne peux décemment pas faire des enfants à tour de bras pour retrouver cet état de plénitude.

A tout hasard, les hormones de grossesse ne se vendraient pas en gélules ?…

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